Quand la technologie est de trop — ou qu’elle devient trop solitaire
- Andy Audet
- 8 janv.
- 3 min de lecture

Nous vivons à une époque où presque tout peut être optimisé.
Des dispositifs plus intelligents.
Des fréquences, des applications, des objets connectés, des "wearables", des protocoles.
Et souvent, ça fonctionne.
Mais parfois, même la bonne technologie ne trouve pas sa place.
Non pas parce qu’elle est inefficace —mais parce que ce n’est pas ce dont le système a besoin à ce moment précis.
LA QUESTION SILENCIEUSE DERRIÈRE LA QUESTION
Récemment, une cliente m’a demandé si une technologie spécifique pourrait l’aider.
C’était une question légitime.
Elle avait des douleurs, des asymétries, de la fatigue.
Elle avait déjà essayé beaucoup de choses.
Sur papier, la réponse aurait pu être oui.
Mais quelque chose d’autre était présent dans la pièce — quelque chose de plus important que l’accélération.
Elle ne demandait pas une solution plus rapide.
Elle demandait, sans le dire :
« Est-ce que je dois faire ça toute seule ? »
QUAND L’OPTIMISATION N’EST PAS LA PROCHAINE ÉTAPE
Au fil de la séance, quelque chose est devenu clair.
Son corps ne demandait pas à être poussé vers l’avant.
Il demandait à être entendu, intégré et respecté.
En travaillant avec les entrées sensorielles — les pieds, l’équilibre, la vision — son corps a commencé à se réorganiser.
Et en même temps, autre chose est apparu :
Du doute.
De l’hésitation.
Des questions comme :
« Peut-être que je ne m’écoute pas assez. »
« Je ne comprends pas toujours pourquoi on fait ça. »
« Je sens une pression… comme dans les oreilles. »
Chaque fois que le doute apparaissait, le mouvement se restreignait.
Chaque fois que la curiosité revenait, le mouvement s’adoucissait et s’ouvrait.
Ce n’était pas un problème mécanique.
C’était un moment relationnel — entre perception, confiance et timing.
LA TECHNOLOGIE PEUT ACCÉLÉRER — MAIS ELLE PEUT AUSSI ISOLER
Voici la nuance qu’on oublie souvent.
La technologie peut être puissante.
Mais elle suppose aussi quelque chose :
Que le système soit prêt à intégrer seul.
Pour certaines personnes, c’est parfait.Pour d’autres — surtout dans des moments de transition, d’incertitude ou de surcharge — la technologie peut devenir :
une chose de plus à gérer
une décision supplémentaire à prendre
une responsabilité de plus
une façon de se retrouver encore « seul avec ça »
Parfois, le problème n’est pas de ne pas en faire assez.
C’est d’en faire trop, sans accompagnement.
LE CORPS NE CHERCHE PAS TOUJOURS LA VITESSE
Dans cette séance, la clarté n’est pas venue en ajoutant un outil.
Elle est venue en relâchant la pression de comprendre.
La cliente a réalisé quelque chose d’important :
Elle n’avait pas besoin d’être convaincue.
Elle n’avait pas besoin de preuves.
Elle n’avait pas besoin d’optimiser, pour l’instant.
Elle avait besoin d’espace pour :
s’exprimer
ressentir
tolérer de ne pas encore savoir
laisser le sens arriver plus tard
Et ce n’est pas une régression.
C’est de l’intégration.
L’ACCOMPAGNEMENT N’EST PAS DE LA DÉPENDANCE
C’est important de le dire clairement.
Choisir l’accompagnement ne signifie pas :
être passif
abandonner son autonomie
compter sur quelqu’un pour « te réparer »
Cela signifie reconnaître que, parfois, le système nerveux s’organise mieux en relation qu’en isolement.
Même à l’âge adulte.
Surtout à l’âge adulte.
La guidance n’enlève pas l’autonomie.
Souvent, elle la restaure.
PAS UN CHOIX BINAIRE
Ce n’est pas un rejet de la technologie.
C’est une question de timing et de résonance.
Parfois, la technologie est le bon accélérateur.
Parfois, la présence est l’ingrédient manquant.
Parfois, le système a besoin de terminer quelque chose qu’il a déjà commencé.
Et parfois, le choix le plus respectueux est d’attendre —non pas par hésitation, mais parce qu’on écoute.
CE QUE CETTE SÉANCE A VRAIMENT MONTRÉ
Ce corps ne demandait pas à être réparé.
Il ne demandait pas à être optimisé plus vite.
Il demandait :
de la cohérence
de la compréhension
de la complétion
et de ne pas être précipité hors de son propre processus
Et la cliente a dit quelque chose de simple, mais révélateur :
« Ce n’est pas une question d’argent. Je sais que ça va m’aider avec toi. »
Pas par croyance.
Mais parce que quelque chose sonnait juste, avant même de pouvoir être expliqué.
UNE PENSÉE POUR CONCLURE
La technologie peut faire beaucoup.
Mais parfois, ce qui guérit en premier, ce n’est pas le signal —c’est le fait de ne pas être seul pendant que le signal se réorganise.
Et savoir faire la différence…ça aussi, ça fait partie du travail.






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