Quand la curiosité remplace la frustration, le système peut enfin changer
- Andy Audet
- il y a 3 jours
- 4 min de lecture

Une des choses avec lesquelles les gens repartent souvent, ce n’est pas seulement moins de douleur.
C’est de la curiosité.
De la curiosité envers leur corps.
De la curiosité sur la façon dont les choses sont reliées.
De la curiosité à la place de la frustration.
Ce changement peut sembler subtil, mais il est souvent le plus important — surtout pour les personnes qui se sentent coincées, qui ont essayé beaucoup de choses et qui ont l’impression d’avoir atteint une impasse.
Parce que la frustration rétrécit la perception.
La curiosité, elle, crée de l’espace.
Et l’espace est essentiel lorsque le corps compense depuis longtemps.
LA DOULEUR EST RAREMENT SEULEMENT LOCALE
Beaucoup de personnes arrivent avec l’attention portée sur une zone précise :
le pied, le genou, la hanche, le dos.
Mais avec le temps, quelque chose d’autre apparaît :
la douleur n’est pas seulement liée à l’endroit où elle se manifeste, mais à la façon dont le système s’organise.
La douleur reflète souvent un schéma d’organisation plus large.
Pas un échec.
Pas une faiblesse.
Pas un manque de force ou de flexibilité.
Mais un système qui gère la charge avec des options limitées.
QUAND LA FORCE ET LA FLEXIBILITÉ NE SUFFISENT PAS
Une prise de conscience fréquente est celle-ci :
la force et la flexibilité, à elles seules, ne règlent pas toujours les dysfonctionnements sous-jacents.
On peut être fort.
On peut être mobile.
On peut être discipliné dans ses exercices.
Et pourtant sentir que quelque chose ne va pas.
Pourquoi ?
Parce que le mouvement n’est pas seulement mécanique.
Il est sensoriel.
Le corps a besoin de retours clairs pour s’organiser efficacement.
Quand ces retours sont flous, la confiance diminue — et les compensations augmentent.
Le système commence alors à choisir la tension comme stratégie.
Un schéma apparaît souvent clairement :
La stabilité est achetée au prix de la tension.
LA CHARGE RÉVÈLE CE QUE LE REPOS CACHE
Beaucoup de problématiques n’apparaissent pas au repos.
Elles se manifestent avec :
la répétition
la mise en charge
le temps
De longues journées de travail.
Une station debout prolongée.
De longues marches.
Des entraînements qui semblent corrects au début… puis se dégradent graduellement.
Les gens perçoivent souvent quelque chose comme :
« Mon système peut tenir un moment — puis il n’a plus d’options propres. »
C’est un schéma classique dépendant de la charge.
Cela ne veut pas dire que le corps est fragile.
Cela signifie qu’il existe une asymétrie dans la façon dont la charge est gérée.
Le système s’adapte — jusqu’à ce que cette adaptation devienne coûteuse.
POURQUOI LES ORTHÈSES AIDENT PARFOIS… PUIS CESSENT D’AIDER
C’est souvent ici que les orthèses entrent en jeu.
Elles peuvent aider temporairement.
Non pas parce qu’elles restaurent la fonction — mais parce qu’elles remplacent la sensation.
Elles offrent au système quelque chose de stable autour duquel s’organiser.
Mais remplacer n’est pas restaurer.
Si l’information sensorielle sous-jacente n’est pas clarifiée, le système demeure dépendant.
On retire le support — ou on augmente la demande — et les compensations reviennent.
Encore une fois, ce n’est pas un échec.
C’est simplement une information incomplète.
DE « FAIRE PLUS » À ÉCOUTER AUTREMENT
Un des changements plus profonds que vivent les gens est le passage de :
« Qu’est-ce que je devrais faire de plus ? »
À :« Qu’est-ce que mon corps perçoit — ou ne perçoit pas ? »
Cela ne signifie pas de la passivité.
Cela signifie de la précision.
Écouter ici ne veut pas dire interpréter des symptômes ou suranalyser les sensations.
Cela veut dire restaurer l’accès à une information sensorielle claire, pour que le corps puisse se réorganiser.
Quand cela se produit, de nouvelles options apparaissent — sans les forcer.
POURQUOI LA CURIOSITÉ CHANGE TOUT
La curiosité transforme complètement la façon de résoudre les problèmes.
Elle remplace l’auto-blâme par l’observation.
Elle remplace l’urgence par l’orientation.
Elle crée de l’espace pour que le système se mette à jour.
Et c’est souvent à ce moment-là que les choses commencent réellement à bouger.
Pas parce que quelqu’un a essayé plus fort.
Mais parce que le corps avait suffisamment d’espace — et suffisamment d’information — pour choisir autrement.
Quand la perception change, la façon de résoudre change aussi.
Et parfois, c’est exactement la porte que tout attendait.
UNE FAÇON SIMPLE DE COMMENCER À REMARQUER AUTREMENT
Pour certaines personnes, ce basculement vers la curiosité se fait naturellement après une séance.
Pour d’autres, il commence plus tôt — simplement en apprenant à observer leur corps différemment au quotidien.
C’est pour cette raison que j’ai créé 5 jours de conscience.
Ce n’est pas un programme d’exercices.
Ce n’est pas pour « corriger » quoi que ce soit.
C’est une courte exploration guidée pour ramener l’attention vers les couches les plus fondamentales de l’organisation du corps — la respiration, l’orientation, l’équilibre et le mouvement — sans effort ni correction.
Beaucoup l’utilisent comme premier pas lorsque quelque chose semble « off » sans être clairement définissable.
D’autres s’en servent pour préparer leur système avant d’aller plus en profondeur.
Et pour certains, cela permet de sentir clairement quand le corps est prêt pour une évaluation plus précise, en personne.
C’est là que la posturologie entre en jeu.
La posturologie est l’espace où l’on observe comment le système gère réellement la position, la charge et l’information sensorielle — pas seulement où ça fait mal, mais comment tout s’organise en dessous.
Elle offre au corps une information plus claire, afin qu’il puisse arrêter de compenser et commencer à se réorganiser.
Il n’y a aucune obligation, ni séquence à suivre.
Seulement différentes portes d’entrée, selon l’état de ton système en ce moment.
Si la curiosité est présente, c’est généralement suffisant pour commencer.





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