De la réaction à l’action – Pourquoi les décisions basées sur la peur ne sont pas un problème de personnalité — mais de perception
- Andy Audet
- 6 janv.
- 5 min de lecture

Je traverse une période plus réflexive ces temps-ci.
Pas de façon dramatique — plutôt comme un inventaire intérieur. Revoir certaines décisions, des occasions manquées, des moments où quelque chose en moi voulait bouger… mais ne l’a pas fait.
Et ce que j’ai vu, encore et encore, est très simple :
Pendant longtemps, la majorité de mes décisions n’étaient pas de vrais choix.
C’étaient des réactions.
Pas parce que j’étais faible.
Pas parce que je ne le voulais pas assez.
Mais parce que mon système fonctionnait dans un état interne précis — un état où la vie semblait plus lourde, plus risquée, plus menaçante qu’elle ne l’était réellement.
Cet état a un nom.
Ce n’est pas un problème de mindset.
C’est une orientation du système nerveux.
QUAND TON SYSTÈME SE SENT MENACÉ, TA VIE DEVIENT DÉFENSIVE
Beaucoup de gens pensent que la peur est surtout psychologique — comme une pensée qu’on devrait dépasser.
Mais la peur n’est pas qu’une pensée.
La peur est souvent un état corporel :
respiration contractée
posture figée
vision rétrécie
hésitation constante
pensées en boucle
énergie de “je dois faire attention”
remise en question permanente
Quand le système nerveux lit la vie comme dangereuse, peu importe ton intelligence.
Ton système fait exactement ce pour quoi il est conçu : te protéger.
Et la protection ressemble souvent à :
rester trop longtemps dans des situations qui ne conviennent plus
éviter certaines conversations
attendre une certitude qui n’arrive jamais
choisir le familier plutôt que le juste
appeler ça “être raisonnable”, alors que c’est de la peur
C’est pour ça que la vie guidée par la peur est difficile à reconnaître :
elle se déguise souvent en responsabilité.
RÉACTION VS ACTION
Voici la distinction la plus claire que je connaisse :
La réaction est un mouvement guidé par la menace.
L’action est un mouvement guidé par la clarté.
La réaction ressemble à :
débats mentaux interminables
besoin de réassurance
hésitation qui ne se résout jamais
“je devrais, mais…”
urgence, pression, contraction
L’action ressemble à :
simplicité
un “oui” intérieur
mouvement ancré
peu d’explications nécessaires
peu de résistance
L’ironie, c’est que la plupart des gens ne réalisent pas qu’ils réagissent.
Ils pensent que c’est “leur personnalité”.
“Je suis prudent.”
“Je ne suis pas quelqu’un qui prend des risques.”
“Je manque de motivation.”
“Je suis indécis.”
Parfois, ce n’est pas une identité.
C’est de la physiologie.
L’ÉMOTION EST UNE ÉNERGIE EN MOUVEMENT — MAIS TOUT DÉPEND DE L’ÉTAT
On dit souvent :
É-motion = énergie en mouvement.
Mais la vraie question n’est pas l’émotion.
La vraie question est : cette énergie est-elle réactive ou cohérente ?
Quand l’énergie est réactive, l’émotion devient du bruit :
elle submerge
elle brouille le jugement
elle pousse à l’impulsivité ou à l’inhibition
elle alimente le doute
C’est là qu’on dit :
“Les émotions brouillent le jugement.”
Mais la vérité plus profonde est celle-ci :
la déconnexion brouille le jugement.
Quand le système est déconnecté, le cerveau n’a plus de carte claire.
Alors il protège.
Et la protection se ressent comme de la peur.
Quand l’énergie est cohérente, l’émotion devient un signal :
elle oriente
elle clarifie
elle pointe vers le désir et la justesse
elle aide à choisir
C’est là que les gens disent :
“Je le savais.”
Ou plus précisément :
“Je me suis entendu.”
POURQUOI LA CONNAISSANCE NE SUFFIT PAS TOUJOURS
Ça a été un point tournant pour moi.
Comprendre m’a aidé. Apprendre m’a aidé.
Mais pendant longtemps, la connaissance n’a pas changé ma façon d’avancer dans la vie.
Parce qu’un insight ne change pas toujours l’état sous-jacent.
Tu peux savoir que :
tu es en sécurité
tu devrais faire le pas
c’est une bonne opportunité
tu as le droit de choisir mieux
…et te sentir quand même bloqué.
Parce que la peur n’est pas toujours une idée.
C’est un signal du système nerveux.
QUAND LA PERCEPTION SE RÉORGANISE, L’ACTION DEVIENT NATURELLE
Le plus grand changement dans ma vie n’est pas venu d’un effort de courage.
Il est venu d’un travail sur les entrées sensorielles et l’organisation du système nerveux.
Quand la qualité des informations change — notamment :
la vision
l’orientation dans l’espace
l’équilibre
la proprioception
la régulation interne
…le système sort souvent du mode survie.
Et quand le mode survie tombe :
la posture se réorganise
les tensions musculaires se relâchent
certains schémas de douleur s’adoucissent
la respiration s’approfondit
les décisions deviennent plus légères
la clarté revient
l’action devient moins mentale
Pas parce que la vie a changé.
Mais parce que le système a cessé de lire la vie comme une menace.
QUAND QUELQU’UN EST TANNÉ DE GÉRER
Récemment, quelqu’un m’a demandé si j’aidais pour la fasciite plantaire.
Il s’attendait au parcours classique :
exercices
étirements
glace
supports
gestion quotidienne sans fin
Et on sentait la fatigue derrière la question.
Pas juste la douleur — la fatigue de gérer.
Quand quelqu’un fait tout “comme il faut” depuis des années sans résolution réelle, le système devient souvent :
résigné
sceptique
surchargé
réactif
Quand j’ai dit, calmement, que je n’abordais généralement pas ça comme “plus de routines”, il m’a regardé comme si je parlais une autre langue.
Je n’ai pas convaincu.
Je n’ai pas expliqué en détail.
Je n’ai pas performé.
J’ai simplement dit, en une phrase, ce que je fais :
👉 On réorganise le système. Pas juste le pied — toute la carte.
Et ce qui a suivi était important.
Il n’avait pas besoin de preuves.
Il avait besoin d’une ouverture :
“Ça ne fait plus de sens comme ça. Il doit y avoir une autre voie.”
C’est souvent ça, l’action au début.
Pas un grand saut.
Un choix discret.
UN DERNIER NIVEAU : L’ENVIRONNEMENT PEUT TE MAINTENIR EN RÉACTION
J’ai aussi remarqué ceci récemment :
il est difficile de parler de décisions de croissance avec des gens très guidés par la peur.
Pas parce qu’ils sont mal intentionnés.
Mais parce que leur système lit le nouveau comme un danger.
Alors les conseils deviennent :
“fais attention”
“ne prends pas de risques”
“reste prudent”
“pourquoi tu ferais ça ?”
Et si tu essaies déjà d’avancer, ces conversations peuvent te re-contracter.
C’est réel :
on ne construit pas seulement un environnement professionnel.
On construit un écosystème de régulation.
LE CŒUR DE CE TEXTE
Si tu te reconnais là-dedans, retiens ceci :
Tu n’es peut-être pas paresseux.
Tu n’es peut-être pas indécis.
Tu ne manques peut-être pas de discipline.
Tu fonctionnes peut-être simplement dans un état où la vie est perçue comme une menace.
Et quand la perception change…l’action se met en place d’elle-même.
Sans forcer.
Par cohérence.
En t’entendant à nouveau.
J’ai aussi partagé l’histoire personnelle de quelqu’un de proche, où la peur s’est adoucie à mesure que son système se réorganisait. Lire ici.
Si cette lecture résonne, même subtilement, j’ai créé un point d’entrée simple pour explorer cette reconfiguration de la perception :
Rien à forcer. Rien à réussir. Juste observer.
Si tu veux quelque chose pour t’aider à voir tes déclencheurs, un cadre de réflexion (mais bien plus que ça), voici un guide d’interface simple, autonome et auto-guidé.






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