Quand le corps montre ce dont il a besoin
- Andy Audet
- il y a 1 jour
- 5 min de lecture

CE QUE LA GROSSESSE, LES BÉBÉS ET L’EXPÉRIENCE VÉCUE M’ONT APPRIS SUR LA VALIDATION
Dans un article récent, j’ai écrit sur quelque chose de fondamental :
comment savoir si ce que l’on fait aide réellement le corps —
ou si cela lui demande simplement de compenser davantage.
Cet article portait surtout sur les adultes, les thérapies,
et sur la manière dont le corps montre immédiatement le changement
lorsque quelque chose atteint réellement le système.
Ce que je veux partager ici vient d’un endroit très différent —
mais pointe vers exactement le même principe.
Cela vient de mon expérience avec ma partenaire pendant la grossesse,
et avec notre fille Charlie durant ses premiers mois de vie.
Pas comme une théorie.
Pas comme un conseil.
Mais comme une observation directe.
LES BÉBÉS NE PLEURENT PAS POUR RIEN
On entend souvent dire que « c’est normal que les bébés pleurent ».
Et oui — pleurer fait partie de la vie.
Mais très tôt, quelque chose est devenu évident pour nous :
les bébés ne pleurent pas au hasard.
Durant les premiers mois de Charlie, lorsqu’elle pleurait,
nous commencions toujours par vérifier l’essentiel :
Avait-elle faim ?
Avait-elle besoin d’être changée ?
Avait-elle besoin de contact ou de réassurance ?
La plupart du temps, une fois ces besoins comblés, les pleurs s’arrêtaient.
Mais parfois, ce n’était pas le cas.
Et c’est là que les choses devenaient intéressantes.
Un jour, elle avait mangé, elle était propre, dans nos bras —
et pourtant toujours inconfortable.
Au lieu de penser « c’est comme ça », nous avons essayé quelque chose de simple :
changer sa position.
Face à nous → toujours inconfortable.
De côté → toujours un malaise.
Face vers l’avant → elle s’est arrêtée de pleurer instantanément.
Nous avons testé à nouveau.
On l’a tournée dans l’autre sens.
L’inconfort est revenu.
Face vers l’avant à nouveau — calme.
Sans délai.
Sans interprétation.
Un retour immédiat.
À ce moment-là, c’était très clair :
il n’y avait pas d’histoire, pas d’émotion projetée, pas d’explication à trouver.
Il y avait simplement une information juste — et une qui ne l’était pas.
Et lorsque la bonne information était donnée,
son système répondait immédiatement.
(La partie délicate ensuite : transmettre ça aux grands-parents 😉)
UNE VALIDATION SANS PENSÉE
C’est peut-être la chose la plus précieuse que les bébés nous montrent.
Il n’y a pas de croyance.
Pas d’effet placebo.
Pas d’attente.
Quand quelque chose soutient le système, ça se voit.
Quand ce n’est pas le cas, ça se voit aussi.
Cette même logique est apparue très clairement à la naissance.
À cause d’une difficulté au niveau du plancher pelvien,
une ventouse a été utilisée lors de l’accouchement.
Charlie avait une marque rouge sur la tête.
Quand je la touchais doucement ailleurs, tout allait bien.
Quand ma main s’approchait de cette zone, elle réagissait.
Encore une fois : un signal clair.
Je n’ai pas attendu que « ça passe tout seul ».
J’ai fait ce que je fais habituellement avec des adultes —
calmement, doucement, avec attention.
Quelques secondes plus tard, je suis repassé au même endroit.
Aucune réaction.
Puis un peu plus près.
Toujours rien.
Puis directement sur la zone.
Calme.
Ce moment est important pour une raison simple :
on ne peut pas expliquer cela par un placebo.
Pas avec un nouveau-né.
Pas avec un animal.
Pas sans cognition.
C’est simplement le système nerveux qui répond à une information appropriée.
GROSSESSE : DEUX SYSTÈMES, UN MÊME CHAMP
Le même principe est apparu durant la grossesse.
Il y avait des moments où les mouvements de Charlie à l’intérieurétaient inconfortables pour ma partenaire.
Au lieu de résister ou d’endurer,
j’ai proposé autre chose :
demander.
Pas intellectuellement.
Mais intentionnellement, avec présence.
À chaque fois, quelques instants plus tard, Charlie se déplaçait —
et l’inconfort disparaissait.
Encore une fois :
pas de force.pas de lutte.
juste de l’orientation.
Parfois, je travaillais avec ma partenaire.
Parfois, directement avec Charlie.
Parfois je disais ce que je faisais.
Parfois non — volontairement — pour observer.
Souvent, elle ressentait un soulagement
sans savoir pourquoi ni quand j’avais arrêté.
Pour moi, ce n’était pas mystique.
C’était fonctionnel.
Deux systèmes partageant un espace.
De l’information qui circule — ou pas.
Quand l’information se clarifie,
le système se réorganise.
APRÈS LA NAISSANCE : QUAND LA DIFFICULTÉ N’EST PAS « NORMALE »
La période post-partum a apporté une autre leçon.
Certains mouvements proposés par la sage-femme et la physio
étaient inconfortables ou douloureux, surtout au niveau du bassin et des hanches.
Plutôt que d’accepter cette douleur comme « normale »,
je suis intervenu — doucement — comme je le ferais avec n’importe quel adulte.
Elle a refait les mêmes mouvements.
Sans douleur.
Encore une fois :pas parce que l’exercice avait changé —
mais parce que le système avait changé.
C’est quelque chose que beaucoup de femmes vivent pendant des années :
douleurs persistantes
instabilité
inconfort devenu banal
Parfois, cela ne demande pas des années de gestion.
Parfois, cela demande simplement la bonne information au bon moment.
ALIMENTATION, PLEURS, SIGNAUX
Un autre exemple est apparu avec l’allaitement.
Charlie tétait bien — bonne succion —
mais elle perdait du poids.
L’observation a révélé quelque chose de subtil :
elle préférait un sein.
Quand on la mettait de l’autre côté, elle pleurait.
Quand on revenait au premier, elle se calmait et tétait.
Au lieu de forcer la symétrie parce que « c’est la règle »,
nous avons observé.
Plus tard, après une intervention simple,
la tétée suivante a changé :
elle a pris les deux seins également.
Le poids s’est stabilisé.
L’allaitement s’est régulé.
Encore le même schéma :
un signal
une observation
une information appropriée
un changement immédiat
CE QUE CELA A À VOIR AVEC LES ADULTES
Bébé, pleurer est notre seul signal.
Adulte, les signaux deviennent plus complexes :
douleur
tension
fatigue
surcharge émotionnelle
bruit mental
On ne pleure plus de la même façon —
mais le corps continue de signaler.
On devient simplement meilleur pour l’ignorer.
On superpose des croyances.
On normalise l’inconfort.
On se distrait.
On force.
Mais le principe n’a pas changé.
Quand le corps fait mal, c’est un signal.
Quand le mouvement devient lourd, c’est un signal.
Quand quelque chose ne se résout pas, c’est de l’information.
Le défi n’est pas l’effort.
C’est d’écouter sans interpréter trop vite.
LE FIL COMMUN
Qu’il s’agisse d’un nouveau-né, d’une femme enceinteou d’un adulte en thérapie, la même logique s’applique :
Quand la bonne information est donnée, le système répond.
Quand ce n’est pas le cas, le corps compense.
Et quand la compensation devient la norme, les choses persistent.
C’est pour cela que la validation est essentielle.
Pas une confiance aveugle.
Pas une obéissance aveugle.
Mais la capacité de reconnaître comment le corps répond —
en temps réel.
POUR CONCLURE
Ce texte n’est pas là pour dire quoi faire.
Il est là pour rappeler que le corps a toujours communiqué.
Les bébés le rendent évident.
Les adultes le rendent compliqué.
Mais le principe reste le même.
Et si vous êtes curieux de développer ce type de repère pour vous-même —
c’est exactement ce dont parlent l’article précédent et la série qui suit.
Concernant la grossesse, le post-partum, le travail avec les enfants —
ce n’est pas quelque chose que j’affiche sur mon site.
Mais si cela résonne, vous pouvez toujours me contacter,
et nous verrons ce qui est approprié.
Parfois, tout ce qui manque,
c’est d’apprendre à remarquer ce qui est déjà là.





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