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La Posturologie Est-Elle Scientifique ?

  • Photo du rédacteur: Andy Audet
    Andy Audet
  • 2 mars
  • 7 min de lecture
Illustration montrant comment les entrées sensorielles et le cerveau influencent la posture, le squat et l’organisation du mouvement.

C’est une question légitime.


Surtout si vous avez déjà essayé plusieurs choses.


Étirements.

Renforcement.

Exercices correctifs.

Consignes techniques.

Thérapie manuelle.


Et pourtant…


Votre squat ne semble jamais vraiment stable.

Vos genoux s’effondrent vers l’intérieur.

Votre épaule s’irrite régulièrement.

Votre pied refait surface périodiquement.

Votre dos fait encore des siennes


Et que dire de la cascade de douleurs qui en découlent!



Vous vous entraînez régulièrement.

Vous devenez plus fort.

Mais une hanche part toujours en premier.

Une cheville semble toujours raide.

Votre mouvement n’est jamais totalement fluide.


Vous vous étirez.

Ça va mieux.

Deux heures plus tard, la tension revient.


Alors, la posturologie est-elle simplement une autre idée ?


Ou repose-t-elle sur une base scientifique solide ?


Réponse courte :


Oui — elle s’appuie sur des principes établis en neurosciences et en contrôle moteur.


Réponse longue ?


Rendons cela concret.

 


LA POSTURE N’EST PAS UNE POSITION. C’EST UN PROCESSUS D’ORGANISATION.


Avant de faire un squat…

Avant de faire une fente…

Avant de lever le bras…

Ou simplement être debout…


Votre système nerveux organise :


• le recrutement musculaire

• la stabilisation articulaire

• la stratégie d’équilibre

• la distribution des charges


Cette organisation se fait automatiquement.


Vous ne dites pas consciemment à vos fessiers de s’activer.

Vous ne stabilisez pas manuellement votre cheville.

Vous ne calculez pas la répartition du poids.


Votre système le fait.


Et il le fait à partir d’informations.


On appelle cela l’intégration sensorimotrice.


Entrées sensorielles → intégration cérébrale → sortie motrice.


Ce n’est pas une théorie alternative.

C’est de la neurophysiologie fondamentale.


Les recherches en contrôle moteur et en régulation posturale montrent clairement que la posture et le mouvement émergent de l’intégration des informations visuelles, vestibulaires et proprioceptives (Peterka, 2002 ; Proske & Gandevia, 2012).




LE MÉCANISME CENTRAL (SIMPLIFIÉ)


Voici la logique :


Le cerveau reçoit des informations provenant de :


• Les yeux

• L’oreille interne (système vestibulaire)

• Les pieds

• Les articulations

• La peau

• Les muscles


Il intègre ces informations pour organiser la posture, le tonus, l’équilibre et le mouvement (Shumway-Cook & Woollacott, 2017).


Si l’information est altérée, sous-utilisée ou mal interprétée :


La sortie s’adapte.


Non pas parce que le corps est brisé.

Mais parce qu’il compense.


Et cette compensation peut devenir chronique.


Il a été démontré que l’information visuelle influence directement les oscillations posturales et les stratégies d’équilibre (Lee & Lishman, 1975 ; Peterka, 2002).


Le système vestibulaire contribue à l’orientation verticale et au contrôle de l’équilibre (Cullen, 2012).


Les informations proprioceptives issues des articulations et des muscles façonnent la sortie motrice et la perception de la position du corps (Proske & Gandevia, 2012).


Les informations sensorielles plantaires jouent également un rôle mesurable dans la régulation posturale et la distribution des charges (Meyer et al., 2004). Démo 1. Démo 2


Ce modèle :

entrée sensorielle → intégration → sortie motrice est cohérent avec les recherches établies en contrôle moteur et en intégration sensorimotrice (Shumway-Cook & Woollacott, 2017).


Cela signifie :


Le mouvement ne dépend pas seulement de la force musculaire.

La posture ne se résume pas à un alignement.

Ce sont des sorties.


Et les sorties dépendent des entrées.


Ce principe n’a rien d’alternatif.


Il est au cœur des neurosciences.


L’idée que la sortie motrice dépend des entrées sensorielles est largement soutenue en recherche en contrôle moteur, en neurophysiologie et en réadaptation (Peterka, 2002 ; Proske & Gandevia, 2012).




EXEMPLE CONCRET : LE SQUAT QUI NE CHANGE PAS


Vous avez peut-être déjà vu cela.


Vous dites à quelqu’un :

« Pousse les genoux vers l’extérieur. »

« Garde la colonne neutre. »

« Recule les hanches. »

« Engage ton tronc. »


La personne comprend.


Elle essaie.


Mais le corps ne suit pas.


Ce n’est pas un problème de motivation.

Ce n’est pas un manque de discipline.


Parfois, c’est un manque de référence interne.


Le système n’a pas les repères nécessaires pour organiser le mouvement.


C’est comme donner des instructions dans une langue que le corps ne perçoit pas.


On peut répéter la consigne 100 fois.


Ou…


On peut réorganiser le système.


Quand la référence sensorielle se met à jour, soudainement :


• les genoux se placent différemment

• le bassin se stabilise

• le mouvement de hanche devient plus fluide

• le geste paraît naturel


Pas forcé.

Pas appris mécaniquement.


Organisé.


C’est la différence entre corriger la sortie…et affiner l’entrée.




POURQUOI CELA IMPACTE LES SYMPTÔMES


Restons concrets.


Si votre système organise les charges toujours de la même façon, les tissus s’adaptent.


Avec le temps, cela peut ressembler à :


tendinite récurrente

• fasciite plantaire

• tensions chroniques au cou

• conflit à l’épaule

• raideur lombaire

• genoux qui s’effondrent sous fatigue


Vous pouvez renforcer indéfiniment.


Mais si l’organisation reste la même,

la charge reste distribuée de la même façon.


La posturologie n’attaque pas le tissu.


Elle affine la manière dont le système organise la charge.


Quand l’organisation change :

• la charge se redistribue

• le tonus se normalise

• le coût énergétique diminue

• les tissus ne sont plus constamment surchargés


Ce n’est pas mystique.


C’est une sortie mécanique façonnée par une entrée neurologique.




SCOLIOSE ET RÉFÉRENCES DÉFORMÉES


Prenons la scoliose.


Le corps ne se courbe pas au hasard.


Il s’organise autour des références dont il dispose.


Si le système nerveux construit sa stabilité sur des entrées asymétriques, il maintient cette organisation.


Non par obstination.


Mais par protection.


Quand les repères changent,

le système tend à s’organiser de manière plus efficace.


Sans forcer.

Sans contraindre.


Mis à jour.

 


COORDINATION ET « MALADRESSE »


Ce n’est pas réservé aux athlètes.


Peut-être que :


• vous vous sentez maladroit en cours de danse

• vous avez du mal à suivre une chorégraphie

• vous heurtez les cadres de porte

• vous évaluez mal les distances

• vous échappez des objets

• vous vous sentez « déconnecté » de votre corps


Vous n’êtes pas fatigué par l’entraînement.


Vous êtes fatigué de rester debout.

De faire l’épicerie.

De rester assis au bureau.


Ce type de fatigue est souvent organisationnel, pas musculaire.


Ce n’est pas un trait de personnalité.


C’est de l’intégration sensorielle.


Le cerveau construit en permanence un modèle de votre position dans l’espace.


Si ce modèle est flou, le mouvement demande plus d’effort.


Affinez l’entrée.


Le modèle s’améliore.


Et le mouvement devient plus simple.



CE QUE CE N’EST PAS


La posturologie n’est pas :


• forcer les épaules vers l’arrière

• corriger rigidement la posture

• renforcer un muscle isolé

• étirer des tissus « trop courts »

• une intervention psychologique


Elle agit sous le niveau de l’effort.


Au niveau de l’information.


Le corps ne s’organise pas d’abord autour de la force.


Il s’organise autour des références.



POURQUOI LES CHANGEMENTS PEUVENT ÊTRE RAPIDES


Si la posture est une sortie neurologique,

alors modifier la référence sensorielle peut modifier la sortie rapidement.


Il ne faut pas six mois pour changer une information.


Quand le système reçoit une entrée plus claire,

il se réorganise.


Comme lorsque vous fermez les yeux et que votre équilibre change instantanément.


C’est de la physiologie.


 

 

ET LA DOULEUR ?


La douleur dépend non seulement de l’état des tissus,

mais aussi de la manière dont le système nerveux interprète la charge et la sécurité.


Quand le système se sent incertain,

il augmente le tonus et la protection.


Plus de protection = plus de compression.

Plus de compression = plus de stress local.


Si le système se sent plus stable,

il protège moins.


Moins de protection = moins de charge inutile.


Ce principe est soutenu par les recherches en contrôle moteur et en traitement prédictif montrant que la perception et l’anticipation influencent la sortie motrice et le tonus protecteur (Clark, 2013 ; Hodges & Tucker, 2011).




ALORS… EST-CE SCIENTIFIQUE ?


Si par scientifique vous voulez dire :


Est-ce cohérent avec les neurosciences établies ?

Oui.


Est-ce cohérent avec les recherches en intégration sensorimotrice ?

Oui.


Est-ce basé sur des explications mystiques ?

Non.


La posturologie applique des principes connus :


• les entrées sensorielles façonnent la sortie motrice

• le cerveau fonctionne avec des modèles prédictifs

• la posture reflète l’intégration

• la régulation influence le tonus

• modifier l’entrée → modifier l’organisation


Ce n’est pas une nouvelle théorie biologique.


C’est une application en amont de principes déjà établis.



L’AVANTAGE RÉEL


La plupart des approches demandent :


« Comment corriger ce muscle ? »


La posturologie demande :


« Comment le système organise-t-il cette région ? »


Quand l’organisation s’améliore :


• l’effort diminue

• l’alignement articulaire s’améliore

• l’énergie augmente

• la stabilité progresse

• la charge devient plus efficace


Et quand la charge devient efficace,

les symptômes diminuent souvent.


Parce que le système n’a plus besoin de compenser.



Votre corps n’est pas en train d’échouer.


Il compense.


Quand il reçoit des repères plus clairs,

il se réorganise.


Ce n’est pas de la philosophie.


C’est de la physiologie.

 


Vous n’avez pas besoin de forcer votre corps dans un alignement.

Vous pouvez lui donner une information plus claire

et le laisser se réorganiser.


Si vous êtes prêt à vivre ce changement,

la posturologie est le point de départ naturel.


Explorer la posturologie →





Andy Audet

Spécialiste de la recalibration corporelle et performance humaine

Saint-Bruno-De-Montarville, Québec





REFERENCES

Clark, A. (2013). Whatever next? Predictive brains, situated agents, and the future of cognitive science. Behavioral and Brain Sciences.


Cullen, K. E. (2012). The vestibular system: Multimodal integration and encoding of self-motion for motor control. Trends in Neurosciences.


Hodges, P. W., & Tucker, K. (2011). Moving differently in pain: A new theory to explain the adaptation to pain. Pain.


Lee, D. N., & Lishman, J. R. (1975). Visual proprioceptive control of stance. Journal of Human Movement Studies.


Meyer, P. F., Oddsson, L. I., & De Luca, C. J. (2004). The role of plantar cutaneous sensation in unperturbed stance. Experimental Brain Research.


Peterka, R. J. (2002). Sensorimotor integration in human postural control. Journal of Neurophysiology.


Proske, U., & Gandevia, S. C. (2012). The proprioceptive senses: Their roles in signaling body shape, body position and movement. Physiological Reviews.


Shumway-Cook, A., & Woollacott, M. (2017). Motor Control: Translating Research into Clinical Practice. Lippincott Williams & Wilkins.

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