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Arthrose, posture et charge – Comprendre ce qui se passe réellement dans l’articulation

  • Photo du rédacteur: Andy Audet
    Andy Audet
  • il y a 7 jours
  • 6 min de lecture
Illustration montrant comment la posture et les schémas de mouvement influencent la répartition des charges dans une articulation du genou atteinte d’arthrose.

Beaucoup de gens entendent dire que l’arthrose est simplement une question « d’usure. »


Mais la recherche moderne montre quelque chose de plus complexe.


L’arthrose n’est pas simplement du cartilage qui s’use.


C’est un processus qui concerne l’ensemble de l’articulation, influencé par :


• les charges mécaniques

• les réponses biologiques

• le contrôle neuromusculaire

• les habitudes de mouvement à long terme


Comprendre cela permet d’expliquer pourquoi les symptômes apparaissent, pourquoi ils progressent et pourquoi ils peuvent parfois s’améliorer même lorsque l’imagerie ne change pas.



CE QU’EST RÉELLEMENT L’ARTHROSE


L’arthrose est une affection articulaire chronique qui implique l’ensemble de l’articulation, et pas seulement le cartilage.


La recherche décrit aujourd’hui l’arthrose comme affectant plusieurs structures simultanément :


• le cartilage articulaire

• l’os sous-chondral

• la membrane synoviale

• les ménisques (dans le genou)

• les ligaments

• les muscles environnants


(L’arthrose comme maladie de l’articulation entière est bien décrite dans la littérature orthopédique moderne (Loeser et al., 2012).)


Il ne s’agit donc pas simplement de “cartilage qui s’use.”



Changements structurels fréquemment observés


Changements du cartilage


• perte de protéoglycanes

• perturbation du réseau de collagène

• diminution de la capacité d’absorption des chocs


Remodelage de l’os sous-chondral


• sclérose osseuse (durcissement)

• modification de la rigidité mécanique

• changements dans la transmission des charges


Ostéophytes


• petites excroissances osseuses au bord de l’articulation

• considérées comme une tentative d’adaptation pour stabiliser l’articulation


Inflammation synoviale


• signalisation inflammatoire de bas grade


Modifications de l’espace articulaire


• changements dans les relations mécaniques

• redistribution des forces de compression


Un point important :


Le cartilage ne possède pas de récepteurs de la douleur.


La douleur provient généralement :


• de l’os sous-chondral

• de la synoviale

• de la capsule articulaire

• des ligaments

• des muscles environnants


(Hunter & Bierma-Zeinstra, 2019)

 


POURQUOI L’ARTHROSE SE DÉVELOPPE


L’arthrose se développe par une interaction entre forces mécaniques et réponses biologiques.


Les chercheurs décrivent généralement trois grands facteurs.


Facteurs mécaniques


• charge articulaire anormale

• schémas de compression répétitifs

• alignement modifié

• diminution de l’absorption des chocs


Réponses biologiques


• médiateurs inflammatoires

• dégradation de la matrice cartilagineuse

• remodelage osseux


Facteurs neuromusculaires


• recrutement musculaire altéré


• instabilité articulaire

• diminution de la proprioception


Avec le temps, les tissus articulaires s’adaptent à l’environnement mécanique auquel ils sont exposés.


Lorsque la charge se concentre de façon répétée dans une région précise d’une articulation, le tissu dans cette zone s’adapte — parfois d’une manière qui mène à la dégénérescence.


(Andriacchi et al., 2004)

 


Exemple concret


Imaginez quelqu’un qui met toujours un peu plus de poids sur une hanche en position debout.


Ou quelqu’un dont le genou s’effondre légèrement vers l’intérieur à chaque pas.


Au début, rien ne semble problématique.


Mais sur des millions de pas au fil des années, ce petit biais concentre les contraintes sur certaines surfaces articulaires.


Avec le temps, l’articulation commence à s’adapter à ce stress répété.



POURQUOI LE GENOU EST PARTICULIÈREMENT VULNÉRABLE


Le genou subit certaines des charges les plus élevées du corps.


Lors de la marche normale :

• compression articulaire ≈ 2 à 3 fois le poids du corps


Lors de la course :

5 à 7 fois le poids du corps


(Kutzner et al., 2010)


De petits changements dans l’alignement ou la stratégie motrice peuvent donc modifier l’endroit où ces forces se concentrent.


Par exemple :


• un alignement en varus augmente la compression du compartiment médial du genou

• le contrôle de la hanche influence la rotation du fémur

• la position du tronc modifie les bras de levier au niveau du genou


C’est pourquoi l’arthrose apparaît souvent de manière asymétrique dans l’articulation du genou, le compartiment médial étant plus souvent touché.



D’autres articulations peuvent présenter des schémas similaires


L’arthrose peut se développer dans plusieurs articulations.


Par exemple :


Hanche


La charge augmente avec un déplacement du bassin ou une démarche altérée.


Colonne vertébrale


Une surcharge segmentaire peut affecter les facettes articulaires et les disques.


Gros orteil (hallux rigidus)


La mécanique répétée de propulsion concentre les contraintes.


Base du pouce (articulation trapézo-métacarpienne)


Les forces de pincement répétées s’accumulent avec le temps.


Dans chaque cas, la mécanique et le contrôle moteur influencent où les forces se concentrent.



OÙ LE CONTRÔLE SENSORIMOTEUR ENTRE EN JEU


L’arthrose n’est pas seulement structurelle.


Elle implique aussi des changements dans le contrôle neuromusculaire.


Les études montrent que les personnes ayant une arthrose du genou présentent souvent :


• une proprioception altérée

• une perception de position articulaire modifiée

• une coordination réduite du quadriceps

• une co-contraction accrue (stratégie de raideur)

• des modifications de la marche


(Sharma et al., 2003)


La douleur elle-même peut modifier le contrôle moteur.


Cela crée une boucle de rétroaction :

douleur → mouvement modifié → distribution de charge modifiée → stress articulaire continu.

 


Exemple du quotidien


Une personne ayant une douleur au genou peut inconsciemment :


• raidir le genou

• réduire la flexion du genou en marchant

• déplacer le poids vers l’autre côté


Cela protège temporairement l’articulation.


Mais avec le temps, cela peut transférer la contrainte vers d’autres structures ou d’autres zones de la même articulation.



OÙ LA POSTUROLOGIE PEUT INFLUENCER LA SITUATION


La posturologie ne régénère pas le cartilage.


Mais elle peut influencer l’environnement mécanique et sensorimoteur dans lequel l’articulation fonctionne.


Cet environnement joue un rôle important dans les symptômes et leur évolution.


Plusieurs mécanismes peuvent intervenir.

 


A) Distribution des charges


Lorsque l’organisation posturale s’améliore :


• l’alignement du centre de masse peut changer

• les bras de levier articulaires peuvent se modifier

• le recrutement musculaire peut devenir plus équilibré


Même de petites modifications dans la distribution des charges peuvent réduire la contrainte dans certaines zones du cartilage.



B) Coordination neuromusculaire


Une meilleure intégration sensorimotrice peut améliorer :


• le timing d’activation musculaire

• l’absorption des chocs

• la stabilité articulaire

• la variabilité du mouvement


Cela peut réduire les pics de charge répétitifs sur les surfaces articulaires.



C) Stratégies de raideur protectrice


La douleur entraîne souvent :


• une co-contraction accrue

• des mouvements plus rigides

• une diminution de l’absorption des chocs


Une meilleure coordination peut réduire cette rigidité excessive et permettre une meilleure distribution des charges.



D) Nutrition du cartilage par le mouvement


Le cartilage reçoit ses nutriments grâce aux cycles de compression et de décompression.


Des mouvements plus efficaces peuvent :


• favoriser la circulation du liquide synovial

• réduire les zones de compression statique

• améliorer la lubrification articulaire


(Mow & Huiskes, 2005)

 


POURQUOI LES SYMPTÔMES PEUVENT S’AMÉLIORER MÊME SI L’IMAGERIE NE CHANGE PAS


Un constat surprenant dans la recherche sur l’arthrose est que :

La douleur ne correspond pas toujours aux résultats d’imagerie.


Certaines personnes ayant une perte importante de cartilage ressentent peu de douleur.


D’autres avec des changements structurels légers ressentent beaucoup de symptômes.


La douleur dépend de plusieurs facteurs :


• inflammation synoviale

• stress osseux

• contrôle neuromusculaire

• traitement central de la douleur


(Hunter & Bierma-Zeinstra, 2019)

 


CE QUI PEUT RÉALISTEMENT ÊTRE INFLUENCÉ


Grâce à la recalibration sensorimotrice et posturale, plusieurs facteurs peuvent s’améliorer :


• stratégie de mouvement

• distribution des charges dans l’articulation

• coordination musculaire

• absorption des chocs

• stabilité articulaire

• proprioception


Ces éléments peuvent influencer la douleur et la capacité fonctionnelle, même lorsque les changements structurels restent présents.



L’EXPLIQUER SIMPLEMENT


Une façon simple de comprendre l’arthrose :


L’articulation ne s’use pas simplement au hasard.


Elle s’est adaptée à la manière dont les forces ont traversé l’articulation pendant des années.


Lorsque l’on améliore la façon dont le corps organise l’équilibre et le mouvement, on peut souvent réduire le stress sur certaines zones de l’articulation.


Cela ne fait pas repousser le cartilage.


Mais cela peut permettre à l’articulation de fonctionner plus efficacement et souvent avec moins de douleur.



OÙ LA POSTUROLOGIE S’INSCRIT


La posturologie agit au niveau de la façon dont le système nerveux organise le corps dans l’espace.


En affinant les références sensorielles impliquées dans la posture et le mouvement, elle peut influencer :


• la distribution des charges

• la coordination

• la stabilité articulaire

• l’efficacité du mouvement


Pour les personnes vivant avec de l’arthrose, améliorer la façon dont le corps organise le mouvement peut réduire les contraintes mécaniques répétitives qui contribuent aux symptômes.


C’est le niveau abordé lors des consultations en posturologie, où l’objectif est d’affiner la façon dont le corps organise l’équilibre et le mouvement afin que la charge articulaire puisse se redistribuer plus efficacement.



Références


Andriacchi, T. P., et al. (2004). A framework for the in vivo pathomechanics of osteoarthritis. Annals of Biomedical Engineering.

 

Hunter, D. J., & Bierma-Zeinstra, S. (2019). Osteoarthritis. The Lancet.

 

Kutzner, I., et al. (2010). Loading of the knee joint during activities of daily living. Journal of Biomechanics.

 

Loeser, R. F., et al. (2012). Osteoarthritis: a disease of the joint as an organ. Arthritis & Rheumatism.

 

Mow, V. C., & Huiskes, R. (2005). Basic Orthopaedic Biomechanics & Mechano-Biology.

 

Sharma, L., et al. (2003). The role of knee alignment in disease progression and functional decline in knee osteoarthritis. JAMA.



Andy Audet

Spécialiste De La Recalibration Corporelle Et Performance Humaine

Saint-Bruno-De-Montarville, Québec

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